En 2010, sortait l’adaptation cinématographique de la bande dessinée Scott Pilgrim.

Véritable hommage à l’imaginaire et aux mécaniques canoniques du jeu vidéo, cette oeuvre nous montre, comme le dit si bien Karim Debbache dans Crossed, que les joueurs des premières générations de consoles sont aujourd’hui entrés dans la vie active.

Parmi eux, certains ont choisi de remplir des fonctions… artistiques qui alimentent et enrichissent la culture populaire. Au-delà des adaptations de licences vidéoludiques, nous allons nous intéresser à ces productions cinématographiques qui se nourrissent des codes hérités des loisirs numériques.  

 

Summer Wars (2010)

Film d’animation du très talentueux Mamoru Hosoda (La Traversée du temps, Les enfants loups,…), Summer Wars met cette fois-ci au centre de son intrigue, le réseau Internet. Oz, plateforme communautaire sur la toile, à l’instar de Second Life, permet à tout le monde de se connecter par le biais d’ordinateurs, de téléphones mobiles et même de leurs télévisions. Cet énorme réseau social réunit énormément de personnes de la communauté mondiale qui peuvent mener une autre existence en parallèle de la leur dans le monde réel. Alors que Kenji, un génie des mathématiques, est invité par Natsuki dans sa ville natale pour rencontrer sa famille, Oz se fait attaquer par un virus qui déclenche des catastrophes à l’échelle planétaire.
Basant son univers sur une extrapolation des fonctionnalités que nous propose Internet, Summer Wars est un film d’animation à l’esthétique particulière qui utilise avec brio les dangers de la toile pour construire son univers. Frais et très dynamique, Summer Wars est une des productions les plus appréciables de Mamoru Hosoda.

 

 

 

Brave Story (2008)

Adapté d’une série de 3 romans de Miyuki Miyabe, Brave Story est un film d’animation sorti en 2008. Wataru est un écolier de 11 ans sans histoires. Sa vie bascule lorsqu’à la suite du départ brutal de son père, sa mère tombe gravement malade. A peine le temps de s’en remettre, il fait la rencontre de l’étrange nouvel élève de sa classe, Mitsuru. Après quelques péripéties, il se retrouve entraîné avec lui dans un monde féérique appelé Vision, peuplé de chevaliers, de mages et d’étranges créatures. Dans cet univers, les héros ont droit de voir un de leur souhait se réaliser s’ils ont su s’en montrer digne. Mais à quel prix ?

Tirant son inspiration de beaucoup d’univers fantasy qu’on peut croiser dans les RPG japonais, on suit dans Brave Story le récit initiatique de notre jeune protagoniste dont les aventures se succèdent rappelant le déroulement d’un jeu d’aventure. La plupart des pouvoirs qu’il récolte et des épreuves qu’il doit surmonter font écho au gameplay de jeux comme Zelda ou même Metroid. Effectivement, dans beaucoup de jeux vidéo, des endroits restent inaccessibles tant que l’on ne possède pas les bonnes capacités ou les bons items pour progresser. Un bon moment à passer devant son écran.

 

 

 

Scott Pilgrim VS The World (2010)

Signé Edgar Wright, père de la sacro-sainte trilogie Cornetto, Scott Pilgrim VS The World est la version cinématographique d’une série de comics plutôt sympathique. Le film met en scène, Scott, 23 ans qui tombe amoureux d’une étrange fille aux cheveux roses, Ramona Flowers. Seul souci, il est déjà en couple avec une lycéenne de 17 ans, Knives Chau. Mais ce n’est pas la seule épreuve qu’il devra affronter. Un jour, Scott reçoit un étrange mail venant des “7 Evil Exes”, une coalition des anciens partenaires de Ramona bien décidés à mener la vie dure à Scott.
Construisant sa progression autour de la logique des jeux de baston consistant à faire s’enchaîner les adversaires et reprenant le système de scoring, de vies ou encore quelques petits clins d’oeil aux jeux musicaux, ce film est une véritable ode à la mythologie et aux mécaniques vidéoludiques. Fun et décomplexé, Scott Pilgrim VS The World est un bon divertissement qui exploite bien les codes du monde des jeux vidéo.

 

 

 

Edge of Tomorrow (2014)

Adaptation d’un light novel intitulé All You Need is Kill, Edge of Tomorrow construit son synopsis autour d’une des mécaniques les plus connus et populaires du jeu vidéo, le “Die and Retry”. William Cage ne sait pas se battre. Qu’elle n’est pas sa surprise quand il se retrouve enrôlé de force pour affronter la menace d’une horde d’extraterrestres déchaînés qui paraissent presque impossible à vaincre. Mais alors que William meurt brutalement, il se réveille le matin du même jour, comme si rien ne s’était passé…
Avec son intrigue se déroulant dans un univers futuriste où la Terre est la proie d’extraterrestres aussi puissants qu’ils sont impitoyables, on pourrait se dire qu’on se retrouve devant un bête film de Science-Fiction. Que nenni ! Le principe du héros qui meurt et recommence plusieurs fois en apprenant de ses erreurs passées tout en devenant de plus en plus fort et expérimenté, c’est ce que subissent quotidiennement les joueurs, manette en main. Le film repose donc tout son propos sur cette mécanique formatrice que les gamers connaissent si bien.

 

 

 

Ready Player One (2018)

Film à venir adapté d’un roman d’Ernest Cline et réalisé par Steven Spielberg, ce récit d’anticipation place la Réalité Virtuelle au centre de son intrigue. 2045, dans un monde au bord de l’implosion, l’OASIS, un univers virtuel, est devenu le seul moyen d’évasion. Né de l’esprit tortueux du génie, James Halliday, l’homme dévoile sur son lit de mort qu’il léguera sa fortune à celui qui trouvera l’Easter Egg qu’il a dissimulé dans le code de sa création numérique. Un jeune garçon, Wade Watts, qui n’est pas forcément taillé pour l’aventure, se lance en quête de ce secret si convoité.

Prévu pour sortir le 28 mars prochain, Ready Player One exploite à fond la technologie encore toute jeune de la Réalité Virtuelle et tout ce que cela pourrait offrir si on l’associait à des projets d’utopies numériques. Et comme si ça ne suffisait pas, dans les trailers dévoilés, de nombreux objets et personnages de la culture populaire servent à enrichir l’univers du film. Une sorte de mise en abyme au vu de tous les easter eggs que semble receler

le film qui traite lui même de la recherche d’un Easter Egg…

 

 

Roxassanctuary, secrétaire de l’association Tahiti Nui Arena