OpenAI Five participera à une rencontre professionnelle sur l’un des mastodontes de la scène E-Sport mondiale, Dota 2. La particularité de cette équipe ? Elle est en fait composée de cinq programmes d’intelligence artificielle visant à contrôler les cinq personnages d’une équipe de ce célèbre MOBA.

 

Là où tout a commencé

 

L’aventure OpenAI a commencé en 2015. Elon Musk, connu surtout pour être le patron du constructeur automobile Tesla, est le cofondateur de cette organisme présenté qui se donne comme but de pallier aux dangers potentiels de l’intelligence artificielle. La société Open AI, en plus d’être à l’origine du projet OpenAI Five – qui pourrait faire penser à une version ludique de l’intrigue du film WarGames -, finance également des recherches sur l’IA et publie régulièrement des articles scientifiques sur ce même propos.

 

Lors d’une rencontre officielle programmée du 7 au 12 août 2017, Danylo “Dendi” Ishutin, 44e joueur au classement mondial de Dota 2 au moment des faits, a, durant le tournoi, affronté publiquement le programme informatique conçu par OpenAI. Au bout de dix minutes, Dendi, acculé, abandonne la partie.

 

 

D’après la société à l’origine de cette intelligence artificielle, le programme avait préalablement vaincu Arteezy – premier du classement mondial à ce moment là – et SumaiL – premier du classement un contre un. Cependant, ces exploits étaient à prendre avec des pincettes. Effectivement, le mode principal de Dota 2 est pensé pour faire s’affronter des équipes à cinq contre cinq. Les règles du monde un contre un sont plus spécifiques et bien moins complexes à traiter pour un programme de ce genre. De plus, les joueurs qui l’ont affronté n’avaient pas pu voir son patern avant de l’affronter. Ceux qui ont eu la chance de voir sa façon de jouer avant ont pu sans problème mettre des stratégies au point pour contrer la machine.

 

A l’assaut des champions


Après quasiment une année, le programme revient cinq fois plus fort. Avec pour objectif la compétition Dota 2 de Vancouver en août 2018, c’est cette fois-ci cinq programmes d’IA qui composent une team répondant au doux nom de OpenAI Five. Un défi de taille pour les équipes à l’origine de ce projet qui se demandent si leur bébé sera de taille face à des pointures de la scène mondiale du célèbre MOBA. “Nous ne savons pas si nous y arriverons, mais nous pensons qu’avec beaucoup de travail [et un peu de chance], ça peut marcher”, confient les concepteurs sur leur site.

Les récents résultats sont plutôt prometteurs quand on sait que le 25 juin dernier, ils auraient réussi à battre, lors d’une rencontre informelle, une équipe semi-pro. Ce n’est pas la première fois que des machines parviennent à battre des humains. On se souvient que dans les années 90, elles réussissent à battre des champions d’échec et, depuis 2016, des éminences du jeu de Go. Ce n’était qu’une question de temps avant de voir les chercheurs se pencher sur le cas des jeux vidéo. Après tout, l’intelligence artificielle est utilisée dans ce média depuis sa préhistoire. Elle est omniprésente dans les univers virtuels et sert à rendre l’expérience la plus cohérente possible. Mais la comparaison s’arrête là. L’expérience menée ici est beaucoup plus complexe et risque de bousculer les études sur le propos.

 

Un défi de taille


Pour nous faire une idée des épreuves que cette équipe de programmes va rencontrer, un joueur d’échecs doit, à chaque coup, choisir entre 35 possibilités, un de Go, 250 et un de Dota 2 devrait faire avec des milliers de variables. Après tout, il ne peut pas voir l’environnement de jeu en entier, ni la totalité des actions de ses adversaires en temps réel et doit prendre des décisions quasi-instantanées, sans oublier le temps assez long des parties qui durent en moyenne 45 minutes. Toutes ces données rendent l’équation encore plus complexe que dans les cas précédemment cités.

 

Comme nous vous le disions plus tôt dans l’article, l’équipe OpenAI Five a été conçue par OpenAI qui se révèle être un organisme à but non lucratif. Pour optimiser les performances de leur Team, les développeurs leur ont fait jouer virtuellement des millions de parties. Ce procédé est appelé apprentissage par renforcement. L’algorithme est pensé pour que les programmes apprennent de leurs réussites autant que de leurs échecs. Avec un système complexe qui permettait de lancer plusieurs parties en simultanée sur plusieurs processeurs, les IA jouaient l’équivalent de 180 années de Dota 2 par jour. Une expérience rondement menée qui devrait montrer les fruits de son travail dans les mois à venir.

 

Une affaire à suivre de près.

 

Roxassanctuary, secrétaire de l’association Tahiti Nui Arena